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Sculpture : naissance d'une oeuvre - la pierre de Lens

La pierre de Lens a tout pour séduire. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'elle était gardoise, résidait tout prés de chez moi et qu'elle avait un long passé.

 

Désireux d'en savoir plus, je suis donc parti en balade vers les carrières de production qui se situent sur la commune de Moulezan.

En pleine garrigue, dans les premiers contreforts des Cévennes, entre Sommières et Uzès, se trouve le bois de Lens qui a donné son nom à la pierre.

Au milieu des chênes verts et pins d'Alep et toutes les senteurs de la garrigue, des carrières à ciel ouvert d'où l'on découvre un magnifique panorama sur les Cévennes au nord, le mont Ventoux au loin à l'est.

 

Aujourd'hui seule une carrière est en exploitation pour la pierre de taille, toutes les autres sont abandonnées. Mais quels trésors archéologiques !!!!!!

 

La période faste du bois de Lens remonte à la haute antiquité. Les romains, grands bâtisseurs et sculpteurs magnifiques, y ont ouverts de nombreuses carrières. La pierre de Lens a servi pour l'embellissement des plus beaux édifices de Nemausus (Nîmes) comme la Maison Carré, mais aussi dans toute la "narbonnaise". 

 

Ce matériau, de par ses qualités exceptionnelles, était recherché et réservé à la statuaire, aux oeuvres destinées à recevoir une ornementation fouillée. 

La pierre de Lens se présentait en concurrent sérieux du marbre de Carrare.

 

Le sculpteur POMPOM a merveilleusement exploité les qualités de cette pierre pour son "ours blanc" au Musée d'Orsay. "J'aime la sculpture sans trou ni ombre" Pompom

 

J'aimerais en faire autant.............

C'est ainsi que mes personnages se retrouvent au coeur d'une rencontre avec ce matériau, jeune de 110 millions d'années, pour les sublimer.

 

L'égale du marbre de Carrare, je ne sais. Mais, il faut reconnaitre que l'extrême finesse de son grain,   son homogénéité, sa densité et sa couleur blanc-crème en font un matériau idéal pour le sculpteur que je suis.

Je peux avec cette pierre pousser les finitions à l'extrême. Chaque arête redevient un trait pur du dessin initial et le polissage final révèle toutes les tensions internes qui animent mes personnages.

 

 Un exemple d'une de mes dernières sculptures, "les errants", réalisée dans cette pierre.

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Commentaires: 4
  • #1

    Nadine Dupland (mercredi, 02 mai 2018 09:20)

    Je suis admirative de ton travail et j'aime beaucoup tes personnages. Je les ai découverts en Chine et je suis contente de te retrouver sur ce blog.
    Je suis actuellement au Maroc avec ses magnifiques paysages.
    Je vous embrasse tous les deux.

  • #2

    Sylvie Louail (mercredi, 02 mai 2018 23:04)

    Historique de cette superbe pierre très intéressant. Ça me donnerait juste envie d'y aller afin d'y sentir cette garrigue environnante, chère à ces paysages de carte postale du sud. Beau travail et belle inspiration à travers ce modèle "les errants". J'aime beaucoup�j'ai hâte au prochain épisode!!

  • #3

    Chéhrazade Nafa (jeudi, 24 mai 2018 11:17)

    Je viens de découvrir ton blog, avec un peu de retard tu m'en excuseras. Je suis toujours aussi fascinée par la justesse de ton trait, de ton geste et de l'oeuvre accomplie !
    Et avec "les errants" sont la perfection d'un travail manuel...
    hâte de vous revoir tous les deux très bientôt,

  • #4

    Michele Trouchaud (lundi, 28 mai 2018 15:16)

    je viens d'ouvrir ton blog, mieux vaut tard que jamais, je les adore, à bientôt

LOUAIL Hervé dit DARLOU

Sculpteur-plasticien

Siret 479 828 899 00019

Maison des Artistes  L 589586

Membre de l'ADAGP